lundi 28 février 2011

Statoil out of the tar sands !

Le plus gros projet de l'année de Greenpeace Nordic est à l'œuvre en ce moment.
Je vous en ai parlé dans un article précédent, l'action principale de Greenpeace en Norvège est d'informer et de dénoncer les pratiques de la compagnie pétrolière Statoil, dont l'État norvégien est actionnaire à 70%. Avec Greenpeace nous demandons le retrait de la compagnie des sables bitumineux d'Alberta, au Nord du Canada.

Les sables bitumineux portent bien leur nom, il s'agit d'un mélange de sable et de bitume, dont on peut extraire du pétrole en rasant bien la forêt et en injectant de grosses quantités d'eau chaude dans le sol. C'est assez compliqué et coûteux de produire du pétrole à partir de ces sables bitumineux, mais après les chocs pétroliers, le Canada s'est mis à les exploiter.
Dans d'autres campagnes Greenpeace prône bien sûr le développement d'énergies renouvelables pour pallier notre dépendance au pétrole. Mais ici, ce que nous dénonçons surtout, c'est

1) le gaspillage des ressources naturelles
(il faut environ 5 barils d'eau pour obtenir un baril de pétrole) et la destruction des habitats naturels, perturbant la faune (des milliers de canards sont morts en buvant de l'eau polluée notamment)

2) les dangers pour la santé des peuples indigènes vivant en Alberta
(le taux de cancer des jeunes est impressionnant dans cette zone car l'eau est contaminée)

3) l'argent investi dans cette pratique complètement non-durable alors qu'on pourrait obtenir de l'énergie propre autrement. Produire du pétrole de ces sables coûte 13 fois plus cher que produire du pétrole autrement. Qui a dit qu'il n'y avait pas assez d'argent pour investir dans les énergies vertes ? que le pétrole est toujours plus rentable ?

Greenpeace étant une ONG réputée pour ses actions non-violentes, il s'agit de dénoncer les pratiques de Statoil, sponsor principal du championnat du monde de ski à Holmenkollen, mais pas de gâcher les festivités.
Nous avons donc préparé une campagne d'information avec distribution de tracts et de pins par plusieurs équipes. Nous avons 3 équipes avec chacune un couple de mascottes Greenpeace, une bike team et une projector team. La bike team est en fait une équipe mobile avec des cadres montrant une jolie pancarte à l'arrière de vélos. La projector team projette chaque soir lors de la cérémonie des médailles un slogan sur le Parlement.


Et là c'est moi avec la tête de la mascotte fille :P Comme ça vous voyez un peu la place que ça prend



Dans les tracts que nous distribuons, nous incitons les gens à envoyer des SMS pour notre campagne de pétition. Mais vous pouvez également le faire depuis chez vous sur Internet gratuitement en cliquant ici.

Globalement, les gens sont très contents de nous rencontrer et de prendre leurs enfants en photo avec les mascottes. J'ai été jusque là tour à tour mascotte, distribueuse de tracts ou de pins et chef d'équipe.
Le déguisement est assez lourd et chaud, c'est comme d'être à l'intérieur d'une peluche ! C'est génial de pouvoir faire plein de câlins à tous ces petits bouts trop mignons, je m'éclate :D Bon il y a aussi les gosses pourris qui viennent te taper parce que "Tu parles même paaaaas" (en norvégien "Du snakker ikkeeeee").
Tiens d'ailleurs, pour leur donner des pins, il faut parler norvégien car les enfants de moins de 10 ans ne comprennent pas l'anglais ! Du coup je bosse un peu ma communication en norvégien et c'est marrant de faire genre je parle norvégien parce que je sais dire "Vær så god", "Vil du ta en bilde med ham?" ou "Det er til deg".

Il y a une super ambiance dans l'équipe, on est tous très solidaires parce qu'en tant que mascotte on ne peut pas trop bouger, le costume est encombrant, on ne voit rien, ça bouge et on a les cheveux dans la figure...Du coup on se fait un peu assister et ça donne des situations très cocasses où on demande à l'autre "C'est bon tu as mes pieds ? Est-ce que tu peux porter ma tête ?" ou "C'est bon, pas de gamin sous mon ventre ?". On marche en se tenant par la main dans la rue et on se fait lacer les chaussures.
Il y a toujours eu 2 personnes pour nous faire à manger pendant le week end (oui j'y ai été vendredi aprem et samedi et dimanche toute la journée). On a d'ailleurs troooop bien mangé et c'était drôle de voir ce que les autres nous ont cuisiné, ce que chacun mange ou pas... Des volontaires de Göteborg sont venus, ainsi qu'un français de Trondheim. À Greenpeace Oslo, je pense que beaucoup ont essayé d'être végétaliens mais ont renoncé et sont maintenant végétariens mais assez flexibles. Les autres par contre faisaient vraiment super attention à tous les ingrédients dans les produits alors que je carbure aux fraises tagadas et oursons en guimauve recouverts de chocolat plein de E283 et de E378 sans me poser de questions ^^
On a passé de très bons moments ensemble, notamment hier aprem, après 2 jours et demi un peu éprouvants, on a passé l'après-midi à écouter des chansons de Walt Disney en italien, en français (le son du français les fascinent tous ! :P) et en norvégien. On a beaucoup chanté d'ailleurs, en mode karaoké en anglais.
J'ai trouvé de vrais amis =D

Vous aurez de nouvelles photos la semaine prochaine, car vendredi, samedi et dimanche on recommence ! En attendant soutenez la campagne sur Internet, ça prend 1 minute et ne coûte rien du tout. Si vous voulez plus d'informations sur les sables bitumineux d'Alberta, je vous conseille le film Petropolis ou encore H2Oil pour vous faire votre propre idée.

Festivités à Oslo

J'ai eu quelques occasions de me divertir un peu de mon Paris blues. Le lundi soir Sandra m'a invité chez elle pour notre séance ciné, qui s'est finalement déroulée sans Agathe et Margaux (coincée à l'aéroport de Tallinn) ni Britta son amie allemande (coincée à Frankfurt am Main).
Nous avons donc vu ensemble Pierrot le Fou, de Jean-Luc Godard, film français par excellence. C'était vraiment surréaliste, absurde, existentialiste. Belmondo est excellent, les dialogues sont poétiques et délirants, ça parle d'art et de la vie, de la mort. Et ce fil rouge, Marianne qui l'appelle Pierrot alors qu'il s'appelle Ferdinand.
Coïncidence très drôle, Belmondo cite "Une saison en enfer" de Rimbaud dans le film. Et tout de suite après nous avons commencé à voir Mauvais Sang de Léos Carax, inspiré de ce même poème...Un film très dérangeant aussi, avec des dialogues et des acteurs excellents mais nous étions un pue mortes de fatigue donc nous n'avons pas vu la fin.

Le lendemain, je suis allée avec Yasmin à la cérémonie de remise des médailles pour le ski de fond. Ça se passait sur la place de l'université, devant la fac de droit. Madcon se produisait en concert avec d'autres groupes norvégiens de pop, de bubblegum dance et de death metal (sans transition, et ça c'était encore plus drôle).



Des sculptures de glace rappelant les oeuvres d'Edvard Munch ont été entreposées sur Carl Johann gate.

Le cri (les têtes de mort clignotent en vert et violet la nuit...scary !)


Golgotha by Munch

After on Carl Johan

Madonna

Après cela nous avons été à Chateau Neuf pour assister à un spectacle de stand up. 3 comiques se sont succédé, un américain, un sud africain et un finlandais. J'ai beaucoup aimé le sud africain, il vit en Norvège depuis quelques années et parlait des bizarreries de la Norvège et des norvégiens. Sa meilleure blague : "In Norway, there is no word for "please", you just say "give me the sugar". Once I said "you forgot one word", one ansewered me "give me the sugar now" ou encore ""Tusen takk" is inspired on Japanese, it's like "thousand thanks" but my favorite expression to say thanks is "Takk skal du ha" it means "Thanks shall you have" inspired on Yoda" " :D
Mon préféré reste le finlandais parce qu'il tapait pas mal sur les suédois, et ça me fait toujours rire de voir les nordiques se taper dessus entre eux. Fondamentalement, c'est un peu ce contre quoi je me bats au sein des Jeunes Européens, les préjugés, les animosités entre les pays. Mais ça me fascine de voir que des pays si liés et qui coopère énormément entre eux peuvent quand même se taper un peu dessus les uns les autres !
Ma copine Jeanne m'a fait découvrir ce site trèèès drôle, avec toutes les caricatures sur la Norvège, la Suède, le Danemark, la Finlande, l'Islande, les Féroés, le Groenland, Åland et Svalbard. C'est presque pire que VDM, on ne peut plus s'arrêter !
Et en revenant de la soirée, petite aurore boréale...
Je vous avais dit, depuis Oslo on en voit difficilement de très grosses et impressionnantes. Mais depuis l'avion à Trondheim elle était plus grosse déjà.

Enfin mercredi soir, dîner international. J'ai fait des éclairs au chocolat dont vous ne verrez pas de photo parce que je ne suis vraiment pas fière de la tête qu'ils avaient...mais à part la pâte à chou, la recette était pas mal donc je pense en refaire sous peu et là vous aurez une photo :) Sandra a fait une trop booooonne tarte tatin. J'ai retrouvé ma super salade slovaque et on a fini la soirée au Martini et au saucisson Carrouf (qui s'est révélé hallal).

Et enfin les actions avec Greenpeace ont commencé...

Paris colonisé

Il y a maintenant une semaine que je suis revenue de ma petite escapade à Paris. Du 16 au 20 février, 5 jours magiques de retrouvailles et d'orgies à <3 PARIS <3

Heureusement d'ailleurs que le 16 au soir je partais d'Oslo, parce qu'après une semaine de totale dépression culinaire (je rêvais de chocosuisse, de fondue bourguignonne et de camembert) et météorologique (du gris, de la neige, des températures beaucoup trop négatives) la conférence de Merdique Politics aurait pu m'achever.
Comprenez bien, étudier les institutions politiques, les différents systèmes d'États Providence et les tendances de vote des habitants d'Europe du Nord m'intéresse beaucoup. Mais un vieux norvégien avec un pur accent qui lit des diaporamas de 60 pages pendant 2 heures, c'est lassant. Une conférence où les élèves se crachent dessus pire qu'en Histoire et Droit des États à Sciences Po, c'est horripilant. Les pires pestes de Sciences Po pâliraient devant les élèves américains de ma conf. Sérieusement, est-ce que vous imaginez quiconque critiquer votre exposé en vous disant (bonnet laid, cheveux gras, acné et chewing-gum de vachette à l'appui) que "L'introduction c'est un moment où il faut être clair. Ben...tu l'as pas été. J'attendais que tu nous parles de ça parce que je pense que c'est super important. Ben...tu l'as pas fait. Sinon dans l'ensemble j'ai trouvé que c'est ...humm plutoooot un bon exposé malgré de grosses lacunes, mais c'est pas ta faute t'as fait de ton mieux à partir de tes capacités" ?!?!??
Sérieusement il va falloir vraiment m'encourager à poursuivre ce cours parce que
- j'ai envie de mourir pendant le cours magistral
- j'ai envie de mourir quand je lis les textes qui datent de 1997 à 2004
- et maintenant j'ai envie de mourir avant, pendant et après être allée en conf

Bref, la première conf est passée plutôt vite parce que j'avais ma carte d'embarquement fraîchement imprimée sur le coin de ma table Ikéa.
Dans l'avion, un norvégien typique se boit une bouteille de rouge en lisant le dernier livre de Tony Blair, classique.
Arrivée à Roissy, 9°, j'ai failli pleurer de ne pas voir de neige. J'ai failli pleurer à Roissy parce qu'il faisait doux, vous pouvez le croire ça ??
Comme d'habitude, j'ai fait tout plein de rencontres intéressantes. Une famille de cinquantenaires de retour de vacances en Norvège, qui attendaient en trépignant leur valise pleine de 3 kilos de crevettes sur le tapis roulant et qui essayaient d'acheter plus de cartouches de clopes qu'ils n'en avaient le droit au duty free. Ils étaient tellement fiers qu'ils se sont adressés à moi et m'ont parlé de leurs crevettes ^^ Pour être cool que je leur ai parlé de mon brunost, ils étaient trop fier d'apprendre un nouveau truc, quand je suis partie, ils m'ont fait de grands signes en criant "brunost hahaha brunost !" dans l'aéroport. Je pense que ça leur a plu la Norvège globalement.
Ensuite j'ai cherché la gare de RER, j'étais au Terminal 2G. Pour ceux qui ne connaissent pas le Terminal 2G de Roissy, il n'a rien de très orgasmique, il faut prendre une navette pour rejoindre les autres terminaux. Ce dont je me suis rendue compte en voyant la navette partir alors que j'étais arrivée sur le parking. J'ai demandé au Monsieur derrière moi comment rejoindre le RER à pieds et il s'est proposé de m'emmener en voiture. Oui je monte en voiture avec des vieux messieurs de retour du salon du meuble à Hanovre, mais il envoyait des good vibes !
Et puis de toutes façons après j'ai pris le RER B jusqu'à St Michel à 23h (RER qui je le rappelle passe par Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, la Courneuve-Aubervilliers, le Stade de France, Gare du Nord, Les Halles). Parce que je suis une warrior.
J'ai retrouvé Léo (<3) à St Germain parce qu'il y avait des travaux sur le RER C pour aller jusque chez lui. Le jeudi matin on a retrouvé Jean devant le 27 et Coralie devant le Bon Marché. C'était complètement surréaliste.

On a été ensemble à Montmartre, on a même trouvé Dalida ! Au Bouillon Chartier, confit de canard et poulet rôti, thé à la menthe à Châtelet, aprem à trainer chez Jean. Le soir, fondues à Heureux Comme Alexandre dans le quartier Mouffetard et mojito au rhum Charette chez Léo pour l'anniversaire de son ami Jérémie.

Étiquette "Nou la fé" sur le rhum Charette (pour les non-créolophones, je propose la traduction libre suivante : "produit local", littéralement "c'est nous qui l'avons fait")

Jean qui galère toujours un peu pour le collé-serré

C'était tellement bien d'être tous ensemble, on n'a pas dormi avant 4h du matin.
Quelques heures plus tard, flammekueches à volonté à St Lazare avec Pauliiiine et Juliette (fidèle lectrice citée pour la première fois dans ce blog ! Un peu de justice dans ce monde). Grosse réunion de 3A en perspective !
Ensuite expo De Gaulle aux Invalides, comme c'était presque l'heure de fermeture on a surtout été voir la politique de décolonisation et du nucléaire.
C'est donc aux Invalides qu'on a laissé partir Jean qui prenait l'avion le soir-même. Jean, I missed U so much <3

Avec Léo, on a été boire un verre avec un ami avant de retrouver Floriane et Arnaud dans leur supeeeeeerbe nouvel appart.
Le samedi matin j'ai été faire des courses à Carrouf de Italie 2, mon centre commercial préféré <3 Vous pouvez voir sur cette photo tous les trésors que j'ai ramenés en Norvège (+ saucisson et camembert oubliés au fond de la valise).


Anecdote : arrivée à la caisse je me rends compte que je n'ai pas apporté de sac, donc je dois acheter un gros sac en plastique pour porter tous mes shampoings, paquets de serviettes périodiques, paquets de biscuits...
En reculant pour me remettre dans la file après avoir pris un sac sur le présentoir de la caisse, je remarque un vieux monsieur avec une béquille, donc je lui propose de passer devant moi s'il le souhaite. Il me dit "non non non Mademoiselle merci" tout gentil et puis me dit "Attendez reposez ça (mon sac en plastique), c'est pas la peine de payer un sac, j'ai des sacs et je vais pas les utiliser" et il me tend un gros sac du BHV bien solide. Trop chou :) Du coup je le remercie et lui tient la conversation, il regardait ce qu'il y avait dans les paniers de tout le monde, il s'est bien marré en voyant le mien : junkfood et armoire de salle de bains.
Il m'a même refilé un sac parce qu'il avait peur que les anses du sac BHV lâchent, bref trop gentil (qu'on ne me disent pas que les parisiens ne sont pas des gens gentils parce que quand même, ils te tiennent la conversation à l'aéroport, dans les queues, ils te filent des sacs pour tes courses et t'emmènent en voiture à ta gare de RER à 23h).
Le midi, déjeuner avec Floriane dans à TopSushi rue de la Gaîté, et je tiens à le faire remarquer, ce resto japonais est le premier que je connaisse à proposer un menu salade de chou + soupe miso + sushi+california+maki ! D'habitude on dois toujours partager avec quelqu'un pour avoir des california en plus et là non. Ça ne me dérange pas de partager mais c'est cool de pas avoir besoin d'amorcer de référendum pour choisir son menu quoi.
J'ai ensuite retrouvé Coralie à Denfert pour un trajet de feuliiiie vers Roissy pour aller chercher notre ami Raphy. Nous sommes notamment restées coincées Le Blanc-Mesnil et Aulnay-sous-Bois. Coralie qui n'a pas pris beaucoup le RER jusque là n'a pas compris la subtilité de l'expression "incident voyageur" donc j'ai dû traduire : "I veu dire ke na un moune la jette son corps". Ça a bien fait sourire les dames en face de nous (qui avaient envie de faire pipi, nous l'apprendrons plus tard, car oui, les franciliens se parlent dans le RER quand ils sont coincés sur la voie et qu'ils en ont marre d'entendre le conducteur "essayer de récupérer des infos" quand il n'en a pas, et qu'on sait pertinemment qu'à quelques mètres de nous ils sont surtout en train de récupérer les morceaux d'un désespéré).
On a trouvé Raphy et ses 66 kgs de bagages (excédent non payé puisqu'il a tasé et fait pitié à l'aéroport). Et puis on a passé un moment avec Léo le soir. L'île de la Réunion a débarqué à Paris et c'était tellement bon de parler créole, de parler de la Réunion en étant si loin de son lagon, de sa chaleur et de ses habitants.
J'avais tellement peur qu'il arrive un "incident voyageur" aussi pour mon trajet que Léo m'a accompagnée à l'aéroport, comme ça on a pu passer plus de temps ensemble.

Je dois avouer que c'était vraiment TRÈS difficile de partir. Parce que j'étais très contente de partir d'Oslo et je savais ce que j'allais retrouver -de la neige, du froid, du gris.


Oui il s'agit bien de vélos ensevelis sous la neige et ce sont les fenêtres du rez-de chaussée que l'on devine derrière le tas de neige.

Honnêtement, il a fait moche à Paris aussi, mais me promener dans les rues propres de neige, c'était vraiment agréable et porter une veste d'automne sous un parapluie, c'était vraiment sympa en février. Il faut dire que j'ai toujours détesté février, à la Réunion il y faisait trop chaud, moite, cyclonique et c'était un 3ème mois d'été épuisant en espérant la fraîcheur de la saison sèche. À Paris, c'était l'illusion du printemps, des températures positives mais une pluie froide qui glace jusqu'aux os. J'ai vraiment détesté la Norvège pendant quelques jours en ce mois de février à Oslo. Mais maintenant ça va mieux.
Je suis restée enfermée chez moi quelques jours, et puis Yasmin m'a proposé de sortir. Oslo est en fête depuis mercredi car les championnats du monde de saut à ski et de ski de fond se déroulent à Holmenkollen. La Norvège est en fête, il fallait bien que je le sois un peu aussi.

dimanche 13 février 2011

De l'aérobic en norvégien

Depuis 2 semaines maintenant, je me suis donnée une discipline de fer :
- je vais travailler à la fac tous les jours sauf le vendredi et le week end
- je vais au labo des langues travailler mon allemand 1h 3 fois par semaine
- je vais faire du sport 3 fois par semaine. Oui oui vous avez bien lu, je fais du sport, Norway you really got me now O_O

En fait, c'est un peu comme la Facebook rehab, ça te prend, ça te fait du bien et tu le sais, du coup t'en redemande. Mais au début ça fait tout drôle quand même.

J'ai acheté ma carte d'accès aux différents complexes sportifs pour le semestre, environ 90€ le semestre. Oui, ça fait mal aux fesses, du coup t'as vraiment besoin de t'étirer les-dits muscles fessiers 3 fois par semaine. Mais c'est bien, ça fait une contrainte incitative.
En fait, avec cette carte, j'ai accès à plus de 4 complexes sportifs dans Oslo. Celui où je vais, le plus grand, se situe à 5-10 minutes à pieds de ma fac, il s'appelle Domus Athletica.
Il y a des terrains de basket, hand, volley à l'intérieur, des piscines, un sauna, des studio d'entraînement avec des vélos, des tapis roulants, des machines pour faire du step et de la muscu.
Et puis je peux assister à tout plein de cours de danse, d'aérobic, de gym aquatique...
J'ai choisi d'assister à des cours au début pour rentrer dans l'ambiance, la folie collective du sport qui prend tous les norvégiens quand ils ne sont pas sur les pistes de ski ou dans le métro vers une piste de ski (J'ai appris un nouveau proverbe norvégien à se tirer une balle : l'été, c'est seulement 3 mois de mauvaises conditions pour skier.This is Norway, true story).
Et alors il fallait que je partage avec vous cette expérience parce que c'est assez drôle.

Pour mon premier cours, j'ai choisi l'aérobic niveau 1, un mercredi après mes cours. J'arrive devant la salle avec les autres membres du cours, majoritairement des filles, norvégiennes et étudiantes exception faite d'une dame de la cinquantaine et d'un homme de la quarantaine.
La prof est arrivée, bien norvégienne, grande et bien bâtie, me faisant ressembler à Caliméro à côté. Mais alors une proéminence horizontale au niveau du plexus solaire...quelque chose de bien ! Surtout pour une prof de fitness, ça met pas en confiance ^^ Elle avait une patate d'enfer, parlait fort, une vraie meneuse, et à la norvégienne ça déconneuh pas. Et c'est là que ça devient très drôle, c'est que le cours était en norvégien. Il n'y avait que moi qui ne comprenait rien à part "en, to tre" (1, 2, 3), "siste gang" (une dernière fois) et "mambooo" (on fait le pas de mambo). Pour ceux qui connaissent mon sens de la musique, mon sens du rythme et comme je peux percuter vraiment pas vite dans un cours d'EPS de collège-lycée, vous pouvez imaginer la petite Alex se démenant pour suivre les pas qu'elle pouvait pas prévoir (vu que c'était annoncé en norvégien hurlé dans un casque microphone) avec son élégance et son agilité légendaire.
Mais au grand dam de la prof j'étais assez fière de moi à la fin du cours et je voulais renouveler l'expérience :D Bon la prof a eu de la chance, j'ai découvert un truc bien mieux que l'aérobic, donc elle n'aura pas à me supporter à son prochain cours.

J'ai découvert la zumba (on dit "zoumba"). Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit d'un "sport" inventé par le chorégraphe de Shakira, c'est en fait un mélange de pas de différentes danses latines (merengue, salsa, mambo, reggaeton), de danse afro, de raï, de hip hop, de dance hall...et le principe c'est plus de danser et de s'amuser que de faire "un, deux, trois, levez la jambe, un deux..."
La musique est plus sympa qu'à l'aérobic: Shakira, Jessie Matador, musique brésilienne, kuduro...J'adore. C'est vraiment très fun, on transpire à mort comme si on passait 1h en boîte, on a trop la patate en ressortant. Et même si c'est en norvégien, je comprends ce qu'il faut faire (sauf le kuduro j'ai toujours pas compris depuis cet été que mes copines ont essayé de m'apprendre à la Run, parce que c'est la grande mode à la Réunion). Cadeau pour ceux qui ne connaissent pas le kuduro ici.

Quoi de neuf sinon ? Je KIFFE mes cours, je jubile, c'est trop bon. Enfin j'ai failli me suicider 2 fois en Merdi...Nordic Politics parce que lire un diapo de 60 pages en 2h avec un vieux norvégien à l'accent prononcé c'est pas le truc le excitant. Mais sinon mon cours de Politics and Development déchire.
Ce week end j'ai passé mes journées au bureau de Greenpeace à faire des banderoles et pin's, vous en saurez plus dans quelques semaines. C'était trop bien de retrouver tous mes potes, on est retombés en enfance à colorier des bonhommes de neige sur les banderoles. On a d'ailleurs parlé de nos dessins animés d'enfance et je me suis tapé l'affiche en sautillant et faisant "oh yeeeeesss" quand Lisa la norvégienne a parlé des Animaux du Bois de Quatre Sous...mais je colorie plus vite les banderoles que Andreas mon chef et il était fier de comment j'ai trop bien dessiné le logo de Greenpeace avec le projecteur :)
C'était un super week end avec eux. Heureusement d'ailleurs parce qu'il a fait -25° quand je suis sortie ce matin, j'espère que je touche le fond -_-'
Finalement, là je ressors juste de chez ma copine Sandra, le dimanche soir elle fait séance cinéma d'auteur dans sa chambre, là c'était The circle de l'iranien Jaffar Panahi (must see !). Ah et puis je suis en train de mater une aurore boréale depuis ma fenêtre :)

mardi 1 février 2011

Jeg skal dra til Drammen

Après encore deux sorties foireuses, j'ai ENFIN trouvé un bar vraiment sympa à Oslo. Bon, vendredi il y a 2 semaines j'ai été me goinfr...rencontrer tout plein de gens à la coffee hour comme à mon habitude, et ça fait du bien de retrouver ce petit évènement qui a rythmé mes semaines au premier semestre. Heureusement qu'il y aura la cafèteuh des Saing-Pèreuh quand je rentre à Paris, sinon ça me manquerais ! J'y ai été avec Margaux et Agathe, les nouvelles voisines de Sandra qui sont trop choues <3
C'était super sympa d'y aller ensemble et de rencontrer de nouveaux étudiants fraîchement arrivés :)
Le soir, on a fini aux crêpes chez Nina, c'était un peu sa pendaison de crémaillère puisqu'elle a déménagé à Sogn. D'ailleurs, vu tout le verglas qu'il y a dans les allées de Sogn, je me demande vraiment si elle a fait un choix judicieux. Je pèterai un câble si je devais faire le chemin jusqu'au métro tous les matins ! Je pense que pour le coup je prendrais le bus ou je marcherais.
On tente d'aller à So, le bar fréquenté essentiellement par des lesbiennes mais c'est tout vide, ambiance cosy mais pas de murder on the dance floor :( On essaie le café Sør, ambiance rap-qu'on-peut-pas-s'entendre-et-qu'on-peut-pas-s'asseoir-parce-que-c'est-blindé. Jeanne et sa copine Magali nous ont proposé de les rejoindre dans un club mais finalement elles n'ont pas trouvé l'adresse, Jeanne est tombé sur le verglas à Sogn, bref ça a foiré.

Samedi soir, on a fait une pizza maison avec Darina, une allemande de la classe de norvégien de Yasmin que j'ai rencontrée à la coffee hour. Et puis elle voulait absolument sortir, donc on l'a suivie à Grønland au Gloria Flame. Ou c'était vide et mort. Du coup on a été jeté un œil et une oreille à la Latin Party à Sogn, on est rentrées bredouille finalement.

Et puis, dimanche soir j'ai accompagnée Sandra et Margaux à Blå et c'était d'enfer. On y a été tôt pour squatter une table et papoter pendant 2h, c'était vraiment sympa de se retrouver et de se poser sur des sofas avec une bière dans un hangar redécoré. Il y avait un concert de jazz à 22h et le groupe est vraiment très très bon. Ils nous ont fait une reprise de I'm going to Jackson version norvégienne, d'enfer ! J'ai vraiment aimé cette soirée, enfin, j'ai trouvé cool de sortir à Oslo !

dimanche 23 janvier 2011

Viens on va jouer dehors

Le mois de janvier tire à sa fin et avec lui le winter break.

Je défais mes bagages et fais le bilan de ce mois de janvier. Je suis tellement heureuse de l'avoir vécu à fond, d'avoir pris les initiatives, de m'être prise en main pour accomplir tout ça. Ça valait vraiment le coup, j'ai rencontré des gens géniaux, j'ai parlé anglais, j'ai découvert tellement de choses. J'ai rencontré l'Europe à travers ses peuples et ça me redonne un peu foi en l'humanité, de voir qu'on peut échanger autant et s'enrichir mutuellement, vivre des expériences exceptionnelles ensemble.

J'aime profondément les gens, j'adore travailler en équipe, les Jeunes Européens me manquent, j'ai envie de les retrouver et d'accomplir des choses avec eux, j'ai hâte de retrouver mes amis de Greenpeace. Mais je n'aime pas dépendre des gens, me dire que je ne peux pas faire telle ou telle chose parce que je suis seule et que c'est mieux d'être au moins à deux. Je suis contente d'avoir vaincu ma peur et de n'avoir attendu personne pour voyager ce mois de janvier. Car même si j'ai voyagé seule, j'ai rencontré tellement de gens, le couch surfing est définitivement une expérience à renouveler mais même dans le train on peut faire une rencontre un peu spéciale.

Je ne sais pas si vous avez écouté le nouvel album de Mademoiselle K et spécialement sa chanson Jouer dehors, j'adore. Ça décrit parfaitement ce que je ressent, il faut profiter de la jeunesse et vivre chaque moment avec passion. Je voulais que cette année soit unique dans tous ces instants, j'ai l'impression d'avoir rempli ma mission jusqu'ici.

En même temps au bout d'un mois, on a envie de rentrer « à la maison », de se poser quelque part et de reconstruire sa petite routine confortable. C'est bien aussi de se bousculer un peu, ça permet de se poser certaines questions, de se rencontrer soi-même, de se connaître.

Je suis tombée amoureuse de tous ces paysages, ces petites maisons colorées au bord de l'eau, ces petites ruelles, ce soleil rasant la terre mais je suis aussi une fille de la ville et des grands boulevards, j'aime les lieux un peu enclavés, porteur d'une certaine histoire ou d'une chaleur ou atmosphère spéciale mais j'aime suivre les grandes lignes sans regarder où je vais, me perdre dans les grands boulevards, voyageuse en solo, on s'en va on s'en va, au hasard.

J'ai aussi besoin de trouver un cours d'eau quelconque dans la ville, j'ai grandi face à la mer et j'ai besoin de ce repère qu'est l'eau : l'Océan Indien, la Seine, la Moselle, le fjord, la Baltique, un lac quelconque...qu'importe, je veux de l'eau.

J'en viens parfois à me demander où se trouve ma maison : la Réunion où j'ai grandi, Paris où j'ai laissé mon cœur, la nature norvégienne qui m'est devenu si chère ? Qu'importe je suis européenne, l'Europe est ma maison et je me sens bien là où je rencontre ces gens qui me ressemblent et m'enrichissent en même temps.

Chaque jour me vend du rêve, qu'il soit tout nouveau et déstabilisant ou part de ma petite routine. Les 5 mois à venir je vais me reconstruire une nouvelle petite routine.
Nordic Politics, Politics and Development, Social Anthropology of Development, Linkages between Politics and Society in the Developing Countries. Reprendre l'allemand au labo des langues, toute seule comme une grande. Commencer l'aérobic sur le campus. Filer un coup de main à Greenpeace. Profiter encore de tous les évènements de la ville. Retourner voir ceux que j'aime, dans les caniveaux de Paris, sur les places ensoleillées de Madrid, sur les collines de Prague. Et prendre le temps d'aller jouer dehors près de Sognsvann...

Mon père était tellement de gauche

Après 4 heures de bus à côté d'une russe en gros manteau qui prenait environ un siège et demi, j'arrive à la gare de Riga. J'y rencontre Maija, 26 ans, qui travaille au ministère de l'éducation de Lettonie après des études de Sciences Politiques. Nous nous rendons chez elle après avoir traversé la vieille ville de nuit et, même si c'est le coeur historique de Riga, il me semble qu'il y a beaaaaucoup plus de boîtes de nuit et de bars branchés qu'à Tallinn. Elle m'explique que Riga est connue pour sa liqueur de miel pas chère et ses boîtes de nuit, beaucoup de russes, de finlandais et d'allemands y viennent à cet effet. Je suis déjà hallucinée par l'architecture très imposante de la ville, coup de coeur pour l'église St Pierre impossible à prendre en photo tellement elle est enclavée comme un joyau dans la ville, et tellement elle est haute.
Ce soir du 20 janvier 2011, Riga commémore les révoltes populaires d'il y a 20 ans, les plus grosses révoltes en Lettonie pour la libération du joug russe. La police a bien évidemment répondu à ce moment là et les traces de balles sont encore visibles sur certains bâtiments. Maija avait alors 6 ans et ses parents l'ont envoyée à la campagne chez sa grand-mère au moment des émeutes. C'est assez incroyable pour moi de toucher l'histoire du bout des doigts, de voir qu'il y a si peu de temps ces évènements historiques arrivaient, tout comme Terézia est née dans un pays, la Tchécoslovaquie, qui n'existe plus aujourd'hui. Je suis contente d'avoir été là pour cet anniversaire, des gens en costumes rejouaient les scènes du passé autour de barricades reconstituées, d'un feu de camp comme les gens qui voulaient se réchauffer à l'époque. Un tracteur a même été apporté pour l'occasion, il y a 20 ans les agriculteurs étaient venus de la campagne pour soutenir le mouvement avec leurs engins également.
Voici une photo de la place de la Cathédrale du Dôme le lendemain matin.


Nous dînons ensemble et nous couchons tôt car elle travaille le lendemain à 8h30.
Le vendredi 21 janvier au matin, nous partons donc toutes les deux en ville en tram, et le tram fait vraiment un bruit d'alarme incendie quand les portes se ferment, c'est flippant !
Je commence mon tour de la ville toute seule. D'abord le château de Riga


et une église luthérienne à côté.


Je vais voir les maisons de la Grande Guilde et de la Petite Guilde.



Aux temps de la ligue hanséatique, les marchands allemands avaient la main-mise sur la ville, comme à Tallinn, et formaient des guildes pour réguler la concurrence et former les marchands et les artisans (d'où les 2 guildes, la grande étant celles des marchands car le commerce était considéré plus important que la consommation locale). Les lettons ne pouvaient jamais devenir maîtres, ils pouvaient former d'autres guildes mais ne pouvaient vendre qu'à des non-allemands. Une fois, un marchand s'est vu refuser son accès à la Grande Guilde, il a fait placer sur le toit de sa maison des chats noirs, de manière à ce qu'ils tournent leurs derrières vers la Grande Guilde en signe de mépris. Plus tard il a été admis dans la Grande Guilde et les chats ont été retournés. C'est la maison du chat noir de Riga.


J'ai été voir la porte suédoise, la porte de la ville par laquelle les suédois ont envahi la ville au XVème siècle.


La Lettonie a ainsi été occupée par la Prusse du XIIIème au Xvème siècle, puis occupées par les polonais puis les suédois, puis par la Russie. La Lettonie n'a connu l'indépendance que de 1922 à 1939 (mais pas pour autant la démocratie). Peu après elle a été occupée tout comme l'Estonie de 1939 à 1941-42 par l'URSS, elle a vu arriver l'Allemagne comme le Messie en 1942 mais l'a en fait subie jusqu'en 1945 où par le traité de Postdam l'URSS lui a remis la main dessus jusqu'en 1991. Ça fait un peu beaucoup pour un peuple qui est très attaché à défendre sa langue, le luthérianisme ou le catholicisme, sa cuisine, sa musique, bref sa culture en général.

Je suis passée devant la cathédrale St Jacob, qui possédait une cloche autrefois, censée sonner lorsqu'une fille impure passait dessous...


Voici le Parlement Letton.


Les trois bâtiments les plus vieux de la ville sont appelés les 3 frères car ils sont collés, il y a aussi à Tallinn les « 3 soeurs »


Enfin la ville de Riga était contrairement à Tallinn entièrement fortifiée, mais au cours des différentes occupations, ces fortifications ont été bombardées. Il en reste quelques unes.


J'ai avancé jusqu'au Monument de la Liberté, érigé à la mémoire des morts de la guerre d'indépendance de 1918-1920.


J'ai cherché alors dans l'autre côté plus moderne de la ville le musée d'Art Nouveau, sans succès :/ Mais j'ai vu des bâtiments très intéressants quand même, notamment l'opéra et l'église orthodoxe.






Et dans la ville un Apple Store avec un nom rigolo encore !


J'ai déjeuné dans un resto que m'a conseillé Maija, il sert un peu de cantine aux étudiants dans le coin car il est convivial et pas cher du tout. Pour vous dire, j'ai mangé pour 1,85€ différentes bouchées de viande, un feuilleté aux lardons un peu lourdingues, coup de coeur pour les bouchées frites dans des épices, je veux déjà retourner en Lettonie pour en remanger, c'est excellent ! Et puis je me suis payé un chocolat chaud pour 0,50€, c'était juste le pied. Du coup, je me suis dit que j'allais revenir en ville essayer les pancakes lettons de la konditoreija à côté pour le goûter, mais en vérité je n'avais pas faim car le déjeuner était déjà assez bourratif !



Après la pause culinaire, j'ai été visité le monument le plus important de la ville, la Maison des Têtes Noires. Cette maison construite au XIVème siècle abritait les marchands de la confrérie des Têtes Noires, qui elle même tirait son nom de la tête de St Maurice, patron de la guilde aux origines africaines.


En face de la maison, il y a l'Hôtel de Ville.


Voilà l'Église St Pierre qui est juste im-mense.


Ensuite, j'ai traversé la ville vers le marché communiste, près de la gare. Sur le chemin j'ai vu le chantier de la future bibliothèque nationale et le grand pont qui s'illumine en bleu la nuit.



Le marché communiste est une grande place avec de grandes halles bien grises et soviétiques (quelle bonne idée d'y aller en hiver, les pays de l'Est c'est mieux l'hiver, les nuances de gris ça flashe sur le blanc !).


Et là la différence par rapport à Tallinn m'a choquée, alors qu'on peut comparer Tallinn à une ville bien européenne, le marché de Riga m'a propulsée dans les halles douteuses du marché de Port Louis à l'île Maurice ou même de Nosy Bé à Madagascar. À l'intérieur des halles, on vendait de la viande à même le carrelage ou pendue à des crocs à l'hygiène vraiment très très douteuse. On vendait des gros blocs de gras sur les étals, des poulets marinés et séchés parfois même pas dans les vitrines réfrigérées. Sur les étals dehors, c'était le marché de Grand Baie version russe, cigarettes de contrebande, semelles de chaussures sorties de l'usine et vendues en paquets de 15 dans des cartons derrières les planches, portes monnaie et chaussures en sky dans des bassines... Beaucoup de gens parlaient russe, tout le monde avait une chapka ou une toque de fourrure. C'était vraiment dépaysant pour le coup !

Je suis allée au musée de l'architecture (que j'ai galéré à trouver) et qui en fait n'avait qu'une seule salle pour des expositions temporaires, mais pas d'expo permanente. La dame de l'accueil ne parlait pas anglais et après qu'elle m'ait montrer la salle du doigt et que je reviens la voir parce que je ne sais pas comment pénétrer dans le musée, elle appelle quelqu'un pour m'expliquer qu'il n'y a que cette salle...C'est ce qu'on appelle un fail !
Je vais alors au musée de l'occupation qui décline ce que j'ai déjà vu en Estonie pour la Lettonie. J'apprends également qu'en 1989, les estoniens, lettons et lithuaniens ont constitué une chaîne humaine de plus de 600 km pour protester 50 ans plus tard contre les conséquences du pacte Molotov-Ribbentrop les laissant dans les mains de l'URSS. J'ai également vu des couchettes tout droit venues du goulag et la fameuse parasha, le bidon et la planche qui servait de latrines dans les baraques.
Ayant encore soif d'apprendre je suis allée au musée d'histoire de la ville qui montrait les fouilles archéologiques datant du Moyen Âge et racontait les différentes évolutions de la ville sous les différentes occupations depuis le Moyen Âge et puis son importance dans la ligue hanséatique. Bon par contre, un peu relou, rien en anglais, tout en russe, il fallait lire les petits guides sur les côtés, et bon quand je viens dans un musée, j'aime pas avoir l'impression de venir pour lire un livre...

Le soir je retrouve Maija, nous allons faire des courses dans un Rimi comme en Norvège mais en version géante ! Nous achetons des produits locaux et je goûte au Kvass, une bière faite à partir de pain noir, du yaourt à base de pain noir et d'abricot ou de miel, je goûte le fromage du milieu de l'été, un gros fromage blanc parfumé par un cumin pas très fort et nous buvons du jus de myrtilles chaud avec de la liqueur de miel et une tranche d'orange.


Maija m'offre gentiment un petit livre de cuisine sur les spécialités lettones qu'elle avait en double et nous discutons longtemps de cette super expérience qu'est le couch surfing pour rencontrer des gens et échanger sur nos pays. Elle m'emmène ensuite dans un bar un peu folkorique où nous retrouvons ses amis car c'est vendredi soir. Nous buvons de la bière lettone, la Brengulu, qui est douce et sucrée mais soule très vite. Ses amies Linna, Krista sont adorables, tout comme Marra, Ieva et Anneta qui étudient le français et avec qui j'ai beaucoup discuté. Marra a fait un Erasmus au Havre mais son rêve était de le faire à la Réunion, elle a étudié la géographie française et donc les département d'outre mer et les conséquences de l'histoire coloniale, elle a fait un mémoire sur l'instabilité politique à Madagascar. Un groupe de musique folklorique lettone se met à jouer et je danse avec Elevis, c'était vraiment super sympa.
Nous repartons avec Maija vers 2h du matin, et je suis vraiment heureuse car la soirée était géniale. Le lendemain je goûte au fameux pain au cumin au déjeuner et je mange de la mascarpone au chocolat et confiture de cerise en dessert et je la quitte à l'arrêt de bus pour aller à l'aéroport.

UPDATE SUPER IMPORTANTE J'ai oublié de préciser qu'à l'aéroport, il y avait une conférence sur les mariages arrangés. Des filles se baladaient en robe de mariée dans l'aéroport pour interpeler les gens et un petit espace était aménagé dans mon terminal avec projection de Powerpoint en letton/russe/anglais expliquant en gros que "Les mariages arrangés ne résolvent pas tous les problèmes. Souvent ils en créent davantage." Je suppose donc que beaucoup de lettones pour quitter leur pays doivent vouloir se marier à de riches russes/allemands/...Youpiii

Bref, c'était vraiment une expérience exceptionnelle et je suis très fière de m'être prise en main pour la vivre, d'avoir accompli cette mission. J'ai été à la rencontre de l'Europe et des européens, et je pense qu'on a tellement de choses en commun et tellement d'autres à partager ! Je rentre dans ma chambre, retrouver cette petite routine que j'ai créé il y a seulement quelques mois et que je quitterai dans quelques mois, et je suis pleine d'espoir en l'humanité.